Jeannine DUVAL
HERAUDET

Jeannine Duval Héraudet  - psychopédagogue  et écrivin

Jeannine DUVAL HERAUDET

Mon parcours

J’ai soutenu en 1988 une thèse clinique en Sciences de l’Education dont le titre était : « La rééducation à l’école : un temps « entre-deux » pour se (re)trouver en (re)construisant son histoire et son identité d’enfant-écolier-élève ».
Bien que centrée sur une aide spécifique s’inscrivant dans le registre de la prévention secondaire au sein de l’école, cette recherche exigeait de dépasser largement le cadre de la difficulté de l’enfant dans le lieu scolaire. Les différentes analyses m’ont conduite à explorer le champ plus vaste de l’éducation et de l’aide à l’enfant dans ses dimensions historique, éthique, scientifique, méthodologiques, avec comme référence l’étymologie grecque du mot « pédagogue » dans ses fonctions d’accompagnement de l’enfant. Pouvoir accompagner cet enfant nécessitait également à l’évidence de s’interroger sur la construction de tout enfant, sur les conditions favorables qui la permettent, sur les obstacles et difficultés auxquels il est confronté.

En 2001 paraissait « Une difficulté si ordinaire, Les écouter pour qu’ils apprennent » (EAP), préfacé par Jacques LEVINE, Psychanalyste et fondateur des groupes de « Balint Enseignants » ou « Soutien au Soutien » et de l’AGSAS (Association des Groupes de Soutien au Soutien).
Ce livre correspondait à la réécriture de ma thèse. Suite à deux tirages, cet ouvrage est épuisé chez l’éditeur. Ce texte, révisé et augmenté, est désormais disponible directement par Internet.

Mes fonctions de formatrice, en Institut de Formation pour éducateurs spécialisés, puis auprès de travailleurs sociaux (ES, EJE, AS), auprès d’enseignants du secondaire, une expérience de plusieurs années en tant qu’accueillante des parents et des très jeunes enfants en « Maison ouverte », sur le principe des « Maisons vertes » crées par Françoise Dolto, m’ont permis de faire des liens entre différents champs de l’aide, de l’éducation spécialisée ou non, de l’enseignement, de l’accompagnement, en bref, de la rencontre avec l’autre, qu’il soit enfant, adolescent, adulte « usager », ou parent.

En 2009, est paru « L’enfant en difficulté à l’école : construire ensemble des réponses. Pourquoi des entretiens ? Avec qui ? Comment ? », aux éditions Champ Social. Cet ouvrage clinique analyse un certain nombre d’entretiens avec les enseignants, les parents et l’enfant, suite à une demande d’aide et en vue d’une collaboration souhaitable et nécessaire entre les différents partenaires. Qu’est-ce qui se passe pour chacun des interlocuteurs lors de ces entretiens ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Quelles sont les ouvertures et les leviers de changement possibles ?

En 2015 est paru un ouvrage collectif : « L’analyse de pratique : à quoi ça sert ? », publié par les éditions érès et préfacé par Joseph ROUZEL , Psychanalyste, formateur et fondateur de l'Institut Européen "Psychanalyse et travail social" (PSYCHASOC), ancien éducateur spécialisé.
C’est tout naturellement que s’est imposé à moi le désir de proposer aux groupes de professionnels que j’accompagnais depuis plusieurs années d’écrire eux-mêmes ce qu’ils venaient chercher et ce qu’ils trouvaient éventuellement dans ce dispositif d’Analyse clinique de la pratique (ou supervision). J’ai tenté également d’analyser dans ce livre mon propre parcours de superviseur et les places que je peux occuper dans cette fonction.

J’ai eu le plaisir de rencontrer de nombreux professionnels de l’aide, de l’enseignement, de l’éducation spécialisée ou non, au cours de conférences ou d’actions de formation. Certaines de ces interventions ont été publiées dans des revues. D’autres sont inédites. Que faire de ces textes entreposés dans mon ordinateur ? Comment partager les questions que je me suis posées et les réponses (toute provisoires) que j’ai pu y apporter pour contribuer quelque peu à la réflexion des professionnels, que ceux-ci soient aidants, thérapeutes, psychopédagogues, éducateurs, enseignants…
Je tente actuellement (travail en cours) de procéder à un choix de ces textes. Est-il possible de les regrouper par « thèmes », avec les limites de ce classement ?…

Enfin, les remarques et commentaires sur les textes seront les bienvenus. Ce sera la preuve que la pensée est en marche…

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Expérience de superviseur d’équipes

Maison d’enfants
ITEP
Foyer d’hébergement pour adultes handicapés…
Equipes d’enseignants du secondaire (Collèges, EREA, Lycées, Lycées professionnels…)
Psychopédagogues, Rééducateurs de l’éducation nationale
Equipe de SAPAD (enseignants intervenant à domicile auprès d’enfants et d’adolescents malades ou en prison)
En MECS (Maison d'Enfants à Caractère Social) : équipes accompagnant en Foyer des jeunes mineurs et jeunes majeurs isolés ou en difficulté sociale et familiale et d’équipes chargées de l’accompagnement parental (Agrément PJJ, l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE)

Cursus

Psychopédagogue
Docteur en Sciences de l'Education
Titulaire d'un Diplôme Universitaire en Analyse de pratique professionnelle (Institut de psychologie, LYON II)
Membre du Comité scientifique de la FNAREN (Fédération Nationale des Associations des Rééducateurs de l'Education Nationale)

Enseignante en Ecole maternelle, puis auprès d'adolescents handicapés physiques
Rééducatrice de l'Education nationale au sein de différentes structures (classe d'adaptation avec des enfants présentant des troubles du comportement, GAPP, CMPP, RASED)
Formatrice auprès d'Educateurs spécialisés, d’Educateurs de jeunes enfants, d'assistants sociaux, d’enseignants spécialisés et d’enseignants du secondaire
Accueillante en Maison Ouverte (concept des Maisons Vertes de F. DOLTO)

Animatrice de groupes Balint AGSAS
Superviseur ASIE-PSYCHASOC
Formatrice de superviseurs (Rectorat de l’Académie de Grenoble et PSYCHASOC)
Supervision de superviseurs
Supervisions individuelles

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La thèse

La réeducation à l'école : Un temps «entre-deux» pour se (re)trouver, en (re)construisant son histoire et son identité « d'enfant-écolier-élève »

Résumé de la thèse

Y a-t-il, dans l'école, une place spécifique pour une action qui pourrait être qualifiée de « rééducative », et laquelle?

C'est par une démarche clinique qui interroge la théorie sur les besoins de tout enfant et sur les capacités nécessaires pour pouvoir apprendre, que nous nous sommes proposée d'apporter des éléments de réponses à cette question.

Dans un premier temps, « Une réponse de l'école à la difficulté scolaire: la rééducation », ou « Un rééducateur à la recherche de son identité », nous nous sommes demandée ce qui a conduit l'école à créer ce corps professionnel de « rééducateurs », en son sein. Quel était le problème posé, et comment pensait-on y répondre? L'évolution de la situation scolaire depuis les lois de Jules FERRY montre que la rééducation a été créée pour répondre à un besoin de l'institution scolaire. Elle était un des moyens mis en place pour enrayer un mouvement d'exclusion généralisé. Des GAPP de 1970 aux « réseaux d'aides spécialisées » de 1990, les dispositifs d'aide à l'enfant en difficulté à l'école et les missions des rééducateurs ont connu des transformations radicales. Parallèlement, nombreuses ont été les remises en question en provenance de l'Institution, endémiques ont été les crises.

Cependant, mis en place par un contexte institutionnel peu prescriptif, interrogé par ses supérieurs hiérarchiques, par les partenaires éducatifs et soignants, le rééducateur de l'Education nationale est tenu d'être « capable de définir et d'argumenter sa spécificité professionnelle (auto-définition, rôle, fonctions) auprès des différents partenaires du système. » (Directive donnée par un texte officiel du 8 mai 1997). Une question s'imposait: Comment les rééducateurs ont-ils construit, historiquement, leur identité professionnelle ? Nous nous sommes attachée à montrer que les rééducateurs ont dû construire leur identité, dans l'espace de la confrontation dialectique entre les textes officiels et la pratique, contre la prégnance du modèle médical.

Dans un deuxième temps, nous avons eu besoin de connaître comment se pose le problème de l'échec ou de la difficulté scolaire aujourd'hui et les réponses pouvant être apportées par l'école. La deuxième partie: « L'enfant « rééduquant » « , ou « Un enfant « en panne » sur le chemin de l'école...à la recherche de son identité d'élève » tente de montrer que c'est la nature « normale » de la difficulté d'un enfant dans son parcours pour devenir élève, qui permet d'affirmer que l'aide apportée doit se situer nécessairement dans le cadre de l'école.Si l'on peut admettre que ne pas faire fonctionner sa pensée est une souffrance pour l'enfant, on peut se demander si, pour autant, cet « empêchement » est systématiquement une pathologie.

Une série de questions s'imposait: comment concevoir des aides différenciées qui répondraient à des difficultés différentes, de l'enfant à l'école? Y a-t-il des enfants pour lesquels il est nécessaire de concevoir, au sein de l'école, une aide spécifique, différente, que l'on pourrait qualifier de « rééducative »? A quels besoins de l'enfant celle-ci devrait-elle pouvoir répondre? De quelles ressources un enfant doit-il disposer pour pouvoir s'inscrire dans la collectivité scolaire et les apprentissages? Que doit-il avoir construit? Quels moyens se donner pour proposer l'aide la plus appropriée, quelles démarches mettre en ?uvre, pour mieux connaître cet enfant, ses difficultés, et ses besoins? Comment démêler, dans les difficultés de l'enfant à l'école, ce qui ressort de telle ou telle aide, dans le champ des possibles? Lorsqu'une aide pédagogique ne paraît pas appropriée, comment se donner les moyens de vérifier qu'une intervention soignante peut être évitée? La mise en oeuvre de la rééducation à l'école pose une question fondamentale mais délicate des frontières, entre « normalité » et « pathologie », entre pédagogie, rééducation et thérapie. Grâce à une meilleure appréhension de la situation globale d'un enfant en difficulté à l'école, il devrait être possible de disposer d'éléments pertinents pour lui proposer une aide, soit rééducative, dans l'école, soit thérapeutique, au sens de « relevant de soins », à l'extérieur de l'Institution scolaire. S'il y a un rapport entre la construction de l'enfant et celle de l'élève, certains enfants dont la difficulté peut être considérée comme « normale » ne sont pas disponibles pour les apprentissages. Pour les aider à rendre leur pensée « disponible » l'école doit pouvoir leur proposer un lieu « entre-deux », entre pédagogie et soin.

Dans un troisième temps, nous avons eu besoin de connaître sous quelle(s) forme(s) cette rééducation conçoit, actuellement, et met en ?uvre ses propositions à l'enfant. Nous avons tenté de définir la place de cette aide rééducative dans l'école, et vis à vis de la pédagogie, au regard de ses finalités, de ses objectifs, de ses méthodes. Nous nous sommes interrogée sur l'existence d'une praxis rééducative, sur les effets attendus de sa mise en ?uvre auprès de l'enfant. La troisième partie: « Des propositions rééducatives, à leurs « effets », ou « (Re) construire » son identité « d'enfant-écolier-élève », en se « (re)trouvant » dans un espace-temps « entre-deux », inscrit dans l'école, se consacre à l'analyse des propositions rééducatives actuelles, et à leurs « effets » sur « l'enfant-rééduquant », au sein des rencontres rééducatives. Nous nous sommes interrogée sur la cohérence de l'ensemble ainsi constitué, et sur leur pertinence au regard des besoins des enfants auxquels elle s'adresse. Nous nous sommes proposée de rendre compte de cette cohérence dans un « modèle » explicatif de la praxis rééducative, dans ses propositions à l'enfant. Il nous a été possible de vérifier qu'il est possible, actuellement, de définir une praxis rééducative cohérente. Connaissant alors les propositions rééducatives, connaissant les attentes du praticien, nous avons interrogé la nature du processus rééducatif et ses « effets », au sein de la rencontre avec l'enfant. Yves de LA MONNERAYE affirme: « c'est la parole qui est rééducatrice ». Augustin MENARD ajoute que cette parole doit être accompagnée d'un « changement de place » du rééducateur. Jacques LEVINE insiste sur les « capacités d'auto-réparation » de l'enfant. Notre objectif était d'apporter des réponses précises à la question: Qu'est-ce qui, (en fin de compte) est rééducatif ?

C'est à partir de « cas » ou de « vignettes » cliniques » d'enfants dont nous avons accompagné le processus rééducatif, que nous nous sommes proposée de vérifier la pertinence et la validité des propositions rééducatives à l'enfant, à partir du repérage et de l'analyse de leurs « effets ». Le processus rééducatif de l'enfant a été questionné, éclairé, analysé, interprété, avec le recours à une théorie de référence qui est la théorie psychanalytique. Notre visée était de construire un « modèle » de compréhension, interprétatif, du processus rééducatif et de rendre compte de ses « effets » sur l'enfant.

Nous avons pu mettre en évidence la nécessaire cohérence entre :

  • des besoins existants dans l'école, besoins auxquels la relation pédagogique et la didactique ne peuvent répondre,
  • ce qui est proposé par la rééducation,

Ceci devait pouvoir répondre de la pertinence, ou non, d'une praxis ainsi conçue.
Avoir pu établir que l'aide rééducative apportée permet à ceux des enfants qui en ont besoin de construire ou de reconstituer les capacités nécessaires pour pouvoir s'inscrire dans la collectivité scolaire et les apprentissages permet d'affirmer:

  • que cette rééducation est légitime dans l'école,
  • que sa place doit nécessairement se situer dans un « entre-deux » entre pédagogie et soin.

Clarifier les méthodes « rééducatives » devait aider à définir la place de la rééducation dans l'école et sa spécificité. Constater et interpréter certains effets paraissant articulés avec l'intervention rééducative devaient permettre « d'argumenter » de la validité de la praxis rééducative ainsi conçue.
L'intérêt de l'enfant pour les apprentissages de la classe, sa capacité (re)trouvée à s'inscrire dans la collectivité scolaire en fin de processus rééducatif, nous a permis de valider notre hypothèse de recherche :

Hypothèse de recherche, en deux propositions :

  1. Pour répondre à la difficulté normale d'un enfant qui ne parvient pas à devenir élève, il y a, dans l'école, une place spécifique pour une action qualifiée de « rééducative », située entre le soin et l'action pédagogique.
  2. C'est la possibilité donnée à l'enfant de reconstruire son histoire, dans l'entre-deux créé par le changement de place qu'opère le rééducateur dans l'école, qui permet à cet enfant d'élaborer les capacités nécessaires pour pouvoir s'inscrire dans la culture, dans la collectivité scolaire et dans les apprentissages.
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Doctorat de Sciences de l'Education
Université LUMIERE LYON 2
sous la direction de Monsieur le Professeur Charles HADJI

Jury de soutenance de thèse :
Madame Mireille CIFALI, Professeur à l'Université de Genève et Psychanalyste, Monsieur Rémi HESS, Professeur à l'Université Paris 8, Monsieur Guy AVANZINI, Professeur Emérite de l'Université Lyon 2, Monsieur Charles HADJI, Professeur à l'Université Grenoble 2.

15 Septembre 1998

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Une difficulté si ordinaire

Les écouter pour qu'ils apprennent

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L'enfant en difficulté à l'école

Construire ensemble les réponses

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L'analyse de pratique

A quoi ça sert ?

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Ma démarche

J'ai soutenu en 1988 une thèse clinique dont le titre était : « La rééducation à l'école : un temps « entre-deux » pour se (re)trouver en (re)construisant son histoire et son identité d'enfant-écolier-élève ». J'ai réécrit cette thèse sous la forme condensée d'un livre paru aux éditions EAP en 2001 sous le titre : « Une difficulté si ordinaire, Les écouter pour qu'ils apprennent ». Lorsque j'ai écrit ma thèse, une question principale et impérieuse me travaillait : Qu'est-ce qui, en fin de compte, est rééducatif ? Je me devais de trouver au moins des éléments de réponses, en premier lieu pour moi-même, afin de mieux comprendre ce que je faisais depuis déjà de longues années en tant que rééducatrice, pourquoi je le faisais et les effets que cela produisait.